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Emelbay

Un dîner de cons presque parfait (6 ème partie)

26 Mars 2010 , Rédigé par EMELBAY Publié dans #Un dîner de cons presque parfait

Et toutes les têtes, tous les yeux quittent le visage de Virginie qui a tourné au vert, pour se poser sur celui de son mari. Celui-ci est assis en bout de table. Il préside le dîner.

Mais à ce moment précis, il ne préside plus rien du tout.

Il est l'illustration parfaite de certaines expressions très imagées : il est mort de rire, plié en deux !

Son rire est puissant, tonitruant, largement au-dessus des décibels autorisés pour un rire de dîner qui se veut élégant et de bon goût.

Mais il s'en fiche complètement. Il rit, il rit, il ne s'arrête pas de rire.

Il essaie de reprendre son souffle et de se calmer. Il bégaie le mot "extraordinaire". Mais à chaque fois, il ne peut s'empêcher de regarder sa femme, puis moi ensuite et il se remet à rire de plus belle. Des larmes coulent sur ses joues.

Henri Salvador n'a pas fait mieux  !

D'abord très surpris par ce rire inattendu, les invités sont sans voix. Puis petit à petit, gagnée par la contagion,  toute la table se met à rire. Certains rient franchement, du même rire franc que leur hôte. D'autres rient délicatement, prudemment, se demandant ce qui va se passer après.

Quelques hommes rient jaune, sans doute d'anciens "poupons" qui ne font plus partie de la collection.

Mes voisins rient de bon coeur et mon mari aussi. Entre deux éclats, il répéte"mais ce n'est pas possible !"

N'ayant rien prémédité du tout et assez étonnée de la tournure que prennent les évènements, je ris comme les autres, sans m'inquièter le moins du monde ce qui va bien pouvoir se passer, une fois que l'hilarité générale sera retombée.

Enfin si,  je dois être honnête. Une chose m'inquiète beaucoup : va-t-on quand même me servir une autre part de mousse au chocolat ???

Et Virginie, me direz-vous ?  Que devient-elle ?

Et vous, qu'auriez-vous fait à sa place ?

- quitter la table en jetant violemment sa chaise en arrière ?
- hurler contre moi en me demandant de retirer immédiatemment mes paroles ?
- prendre mes propos avec humour en  disant que j'avais beaucoup d'imagination ?
- répondre d'un ton méprisant "très drôle" ?

Etant donné l'état de rire absolu dans lequel se trouve son mari, faire un scandale n'est pas la bonne solution.

Cela va confirmer mes propos et  transformer sa soirée en champ de ruines.

Il n'est pas question que la Grande Virginie perde la face.

Le danger pour elle ne vient pas de mes propos car son mari, qui  n'est pas un modèle de fidélité, est largement au courant de la vie "privée" de sa femme.

Non,  c'est l'auteur de l'attaque qui est le vrai danger.

Les rôles sont inversés. C'est moi qui doit jouer le rôle du CON, pas elle.

Elle ne craint qu'une chose  : que ces nombreux courtisans et adminateurs ne se rendent compte que la situation n'est plus son contrôle et qu'elle a perdu la maîtrise de sa soirée.

Elle va devenir la risée de son monde et ses amis vont fuir ses dîners.

Elle a mis des années à constuire son empire. Elle a dépensé des fortunes à inviter et à nourir les bouches les plus en vue de Paris. Elle a souffert le martyre sous le bistouri des chirurgiens esthétiques.

Elle ne va pas tout perdre ce soir à cause d'une fleur de banlieue, d'une ....d'une stupide mère de famille !

Alors Virginie, la reine des dîners réussis rit, rit à gorge déployée,  comme les autres.

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lalu 27/03/2010 21:19


ah ah ! je l'avais dit !!

et alors et alors ??


mamiebenin 27/03/2010 18:12


J'adore!!! Tel est pris qui croyait prendre!


mifaon 27/03/2010 08:16


EXCELLENT !!!


Miss Aline 26/03/2010 23:59


Bien sûr que cela ne pouvait être que lui, le mari MDRRRRRRRRRRR