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Emelbay

Les poupées de Marie-Françoise (5)

8 Avril 2010 , Rédigé par EMELBAY Publié dans #Marie-Françoise

Marie-Françoise vient d'ouvrir les yeux. Cette petite sieste lui a fait le plus grand bien. Il n'est que 15 heures. Elle a largement le temps de s'occuper des achats qu'elle a faits ce matin.

 

Elle est contente car ce soir elle est invitée à dîner chez son amie Edith. Elle va lui apporter les tissus et rubans qu'elle  a achetés ce matin. Elle sait que son amie va être ravie. Et puis, elle a aussi ce lot de playmobil pour son mari. Cela va lui faire très plaisir, bien plus plaisir qu'une bouteille de vin !

 

Elle se lève et gagne la cuisne. Les chiens sont réveillés aussi. Ils s'étirent en baîllant. Que c'est dure la vie de chien !

 

Marie-Françoise boit un grand verre d'eau fraîche et ouvre la porte de la cuisine. Il fait toujours aussi beau. Le soleil illumine le paysage. Elle retourne dans la cuisine prendre une clé et se dirige d'un pas alerte vers sa voiture pour prendre les sacs contenant les choses qu'elle a achetées ce matin. Les chiens l'accompagnent.

 

Cette ferme appartenait autrefois aux parents de son mari. Après le décès du grand-père, puis de la grand-mère, Louis et Marie-Françoise sont devenus propriétaires de la maison, après avoir racheté leur part d'héritage au frère et à la soeur de Louis. Ces derniers, agriculteurs eux-mêmes dans le même village pour l'une et dans un village à côté pour l'autre, disposaient déjà d'une maison et avaient été ravis de voir leur frère ainé retourner dans la ferme familiale. Ils n'osaient imaginer devoir la vendre à un étranger.

 

Les premières années qui suivirent l'achat de la ferme, Louis et Marie-Françoise n'y venaient que durant les vacances scolaires. Il y avaient réalisé quelques travaux visant à améliorer le confort tel que le chauffage central, la création de deux salles de bains, l'aménagement d'une cuisine fonctionnelle, tout en respectant le côté authentique de la maison.

 

Lorsque la ferme était encore en exploitation, on pouvait y trouver une étable avec des vaches, un poulailler, une porcherie et différents hangars pour stocker la paille ou le matériel agricole.

 

L'ensemble des bâtiments formait un carré, entourant une vaste cour recouverte de gravillons. Louis et Marie-Françoise n'avaient rien démoli. Certaines constructions avaient cependant perdu leur fonction d'origine. Un hangar était devenu une salle des "fêtes" avec baby-foot et flipper pour les enfants, cuisine pour organiser des grands repas de famille ou des anniversaires entre cousins et copains du village. A côté, se trouvait une piscine et un jacuzzi, petites folies de Louis au moment où il avait pris sa retraite.

 

C'est justement à partir de ce moment que Marie-Françoise  et Louis ont définitivement quitté Paris pour venir habiter à la ferme. Ils ont gardé leur appartement de Paris pour le louer à leur fille Marie-Hélène, jeune mariée au moment de leur départ.

 

Une nouvelle vie a commencé pour eux, rythmée par le chant des oiseaux et par les cocoricos du coq et non plus par les sirènes stridentes de la police ou des pompiers parisiens. Ils n'ont eu aucun problème d'adaptation pusqu'ills étaient chez eux,  dans un village dont ils connaissaient les us et coutumes et surtout chaque habitant.

 

Louis a rapidement intégré le conseil municipal apportant avec lui une certaine expérience des affaires et des connaissances non-négligeables en économie, en droit et en organisation.

 

Marie-Françoise a  redonné vie au jardin potager laissé un peu à l'abandon derrière la cuisine. Elle a crée des pelouses devant les fenêtres du salon, plantés des petits massifs de fleurs.

 

Mais il restait une certaine réalisation à laquelle elle tenait énormément et qu'elle avait projeté de mener à bien dès leur installation à la ferme. 

 

Elle voulait un endroit indépendant, vaste et confortable pour installer ses poupées. Et cet endroit existait et ne demandait qu'à être nettoyé et transformé : l'étable.

 

Les travaux ont duré trois mois. Nettoyage, isolation, électricité, peintures, sanitaires, étagères, présentoirs... Tout avait été imaginé et organisé par Marie-Françoise. Elle savait exactement ce qu'elle voulait et les ouvriers n'avaient eu aucun mal à réaliser cet espace à la fois simple et chaleureux.

 

Bien entendu, Louis l'avait accompagné dans cette aventure, mais sans jamais intervenir dans le choix des couleurs ou dans l'agencement du mobilier.

 

Cet endroit était l'endroit de Marie-Françoise. Il allait devenir son espace de vie privilégié, l'endroit où elle pourrait donner libre cours à sa passion pour les poupées, l'endroit qu'elle pourrait ouvrir ou cacher aux personnes qui viendraient à la ferme.

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lalu 09/04/2010 19:41


J'aimerai bien la visiter cette ferme !!


EMELBAY 12/04/2010 19:28



Je vais t'y emmener ... chaque jour une peu plus. Fais moi confiance. Bisous