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Emelbay

Poupée Corolle : Célestine ou le très long voyage de Poupette - 3

14 Mars 2015 , Rédigé par EMELBAY Publié dans #poupée Corolle

  • 3 -

Caroline et sa maman sont au supermarché. Le caddy est déjà bien rempli. La petite fille trottine sagement à côté de sa mère. Cette dernière avance doucement. Son ventre bien rond commence à être un peu lourd. Mais la future maman ne se plaint pas. Elle est rayonnante. Un gentil monsieur a mis le pack d’eau dans la charrette. Elle en trouvera bien un autre de gentil monsieur à la caisse pour l’aider à nouveau. La future grande sœur tient le caddy de la main gauche. Dans son bras droit, replié contre elle, se cache Célestine qui participe bien malgré elle, à la corvée des courses. La maman avait conseillé à Caroline de mettre sa poupée dans le siège bébé. La petie a refusé prétextant que Célestine avait le vertige. Soit.

Au détour d’une allée, le duo mère-fille rencontre un autre duo. Une voisine accompagnée elle-aussi de sa fille. Les deux mamans se mettent à discuter. Une grossesse est un éternel et intarissable sujet de discussion entre femmes.

La scène se passe dans le rayons des chips et autres gâteaux d’apéritif.

L’autre petite fille est un peu plus vieille que Caroline et plutôt du genre coquine qui n’a pas froid aux yeux. Elle ne marche pas gentiment à côté du caddy. Elle court partout, touche à tout, prend un article à droite pour le jeter à gauche. Elle a les cheveux en bataille. Sa doudoune est roulée en boule dans le caddy. Elle a toujours trop chaud. Sa mère n’a que quelques mots à la bouche : « Anaïs, arrête. Anaïs vient ici. Anaïs, ça suffit. Anaïsssss… J’en ai marre de tes bêtises !! » Anaïs est ce qu’on appelle un garçon manqué. Elle ne met que des jeans. Les robes ? Elle déteste. La seule fois où ILS ont essayé de lui en faire porter une c’était pour le mariage de sa tante. Une belle robe blanche de petite fille modèle. Jamais personne, vous entendez, personne n’a réussi à lui faire mettre. Ils était pourtant trois à essayer. Son père et sa mamie qui la tenaient et sa mère qui essayait de lui enfiler la robe par la tête. Ou l’inverse son père et sa mamie qui essayaient d’enfiler Anaïs dans la robe que tenait sa mère. Mission ratée dans les deux cas. Il a donc fallu prendre une décision : Anaïs irait au mariage en jean et tee-shirt ou n’assisterait pas à la cérémonie. Par manque de baby-sitter, Anaïs a pu continuer ses numéros de clown-acrobate au milieu d’une église remplie de gens très comme il faut qui se demandaient à qui appartenait cette Fifi Brincacier des temps modernes.

Quant à imaginer Anaïs jouer à la poupée, il suffit de se référer au sens du mot imaginer. Cela n’existe pas dans le réel. Il n’y a pas de poupée dans la vie d’Anaïs. Même pas en décoration. Ce n’est pas possible. Elle ne le permet pas. Les poupées ne font pas partie de son univers. Le sien est rempli de patins à roulettes, de vélos et surtout de mercredis et de vacances passés au paradis : l’école du cirque.

Anaïs a remarqué, répandues sur le sol quantité de boules au fromage tombées d’un paquet éventré. Elle avance innocemment vers le lieu de l’accident suivie de Caroline qui n’a aucune idée du but de sa copine. Celle-ci avance un pied et écrase une boule au fromage. Le craquement sec fait doucement rire les deux petites. Et une autre boule. Et une autre crise de fou rire discrète. Les deux complices se regardent une main sur la bouche, l’air ravie. L’heure est arrivée de passer aux choses sérieuses : les deux pieds. Machinalement, Caroline pose Célestine sur une étagère et commence la danse d’indiens qui n’appelle pas la pluie, mais qui écrase les boules au fromage. Bien évidemment, le son est à la hauteur des pas de danse et du résultat obtenu : 100 % de bonus. Ce carnaval de supermarché alerte immédiatement les deux mamans qui recadrent énergiquement les deux fillettes. Et pour éviter tout problème avec un vigile sorti de nulle part, elles décident de quitter immédiatement les lieux et de gagner les caisses au plus vite. La conversation maternelle étant loin d’être achevée, il est convenu d’aller boire un café pour les unes et de manger une glace pour les autres dans la cafétéria du centre commercial.

Les petites sont ravies et regardent fièrement leurs chaussures couvertes de poudre jaune. Le passage en caisse est rapide. A cet instant tout est rapide. Tellement rapide que ni la maman, ni Célestine n’ont remarqué l’absence de Célestine. Cette dernière est restée sur l’étagère entre deux paquets de chips à l’ancienne.

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isa debat 22/03/2015 11:00

c'est palpitant
biz isa